Au coeur des conflits
31 Aoû 2008 
Janvier 1456 au cœur des conflits…

Quelle ne fut pas ma surprise et même ma colère lorsque j’appris que notre ville angevine de Saumur se trouvait « coupée » du reste du monde, même pour nous autres angevins. Cela ressemblait fort à un siège mais tenu de l’intérieur. Mon incompréhension ne fit qu’accroître quand je sus que, non content d’isoler nos frères et sœurs Saumurois, notre armée n’avait toujours pas reprit le contrôle du nœud de Thouars.

La colère gronde en moi, ne comprenant pas ce qui retient nos gens d’armes de bouter hors de nos terres ces fieffés retors de poitevins. Je reprends l’exercice quotidien afin de toujours plus renforcer mes muscles.
Je ne laisserai aucun poitevin imposer sa loi en Anjou sans en découdre par les armes s’il le faut et c’est dans cette triste perspective que je me prépare au pire.


Heureusement que de bonnes nouvelles s’annoncent avec la nouvelle année

De grands changements s'annoncent...
31 Aoû 2008 
Une année s’efface et une nouvelle apparaît…

Nous voici en 1456, une nouvelle année qui s’annonce riche en évènements importants pour moi.
Quelle ne fut pas ma joie de trouver Messire Nabowleon à mon retour de retraite. Il a su m’attendre et me convia en taverne où il se décida en ce jour du 4 janvier à annoncer officiellement nos fiançailles. Ma joie est indescriptible tant elle est grande. Je crois avoir trouvé mon alter ego, celui avec qui l’avenir se profile sous un jour nouveau.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, je prends aussi une autre grande décision.


Les élections municipales de La Flèche…
Pour la première fois je me présente aux élections municipales de mon village. Déjà bien investit dans la vie courante du conseil municipal je pense être prête pour ces élections. L’avenir me dira si j’ai eu tort ou raison.

Entrée en politique
31 Aoû 2008 
Entre doutes et ...

Un autre candidat s'est présenté aux élections et il s'agit d'un ancien maire. Je ne sais que penser de cette candidature mais j'en viens à regretter la mienne. J'ai toujours fait passer les intérêts de mon village avant les miens  mais j'en viens à me demander si je ne me suis pas leurrée et si cela en valait la peine. Peut être ne s'agit-il que d'un coup de cafard momentané mais est-ce bien le cas...


Sondage réalisé le 08/01

1. Antinaelle : 59.4%

2. Kask : 34.4%

3. Jeje : 6.3%


Les sondages me donnent favorite pour les élections pour l'instant, mais je préfère restée prudente quand à l'avenir.

Il semblerait que j'ai eu tort de m'inquiéter autant du bien fondé de ma candidature.

Maintenant je sais que même si je ne remportais pas les élections je serais fière d'avoir essayer!


Sondage réalisé le 09/01
1. Antinaelle : 55.4%
2. Kask : 41.1%
3. Jeje : 3.6%


Chaque jour me parviennent de nouveaux messages inattendus d'encouragement et de soutien pour les élections.
Je ne pensais pas pouvoir compter sur autant de personnes et cela me rassure.
 Sondage réalisé le 10/01

1. Antinaelle : 57.7%

2. Kask : 35.9%3.
Jeje : 6.4%
 

Les sondages fluctuent chaque jour et rendent ces élections plus vivantes.
Il ne restait que 2 jours à attendre.

Sondage réalisé le 11/01
1. Antinaelle : 57.1%
2. Kask : 36.9%
3. Jeje : 6%


Nous sommes dans la dernière ligne droite. Demain je connaîtrai enfin le résultat final...

C'est GAGNE! Je suis donc le nouveau Maire de La Flêche 

La vie suit son cours
31 Aoû 2008 
Condamnée à rester à l’arrière garde…
Moi qui m'étais tellement préparée à cette guerre, je me dois de rester pour la défense et la sécurité de la mairie et du village. 
Malgré ça je serai présente aux côtés de chacun d’eux par la pensée et mon fiancé me tiendra au courant de la situation chaque jour.
Avant le départ…
Fort heureusement, avant leur départ, j’ai enfin pu présenter à ma marraine Messire Nabowleon, l'homme qui a ravit mon cœur… Bien que nous ayons pour projet de nous fiancer prochainement, il va partir au front avec toute ma confiance en la victoire. Quelques soient les angoisses qui m’habitent quand à son sort, je reste forte et confiante en notre victoire, mais je prie pour que la vie de mon Aimé soit épargnée dans la bataille.


Enfin une échoppe...
Aujourd'hui 10 janvier, ma vie prend un nouveau tournant. Je deviens Tisserande et ouvre une boutique dans mon village.(10-01-2008 04:14 : Félicitations ! Vous êtes passé au niveau supérieur !)
Des voyageurs bien gênants...
31 Aoû 2008 
Des voyageurs bien gênants…

Alors que j’avais repris mes rondes avec mes maréchaux, je vis arriver trois voyageurs venant du Duché de l’Alençon. Il me semblait me souvenir de quelque évènement important se passant là-bas mais je n’arrivais pas à me souvenir. Je pris leurs noms par acquit de conscience car je consulterais mes dossiers en rentrant.
Alençon… Argentan…
Tout à coup le nom s’illumina en lettre de feu dans ma mémoire…
LA PESTE ! voilà se qui se passait à Argentan.

Je fus parcouru d’un frisson de terreur à l’évocation de cette terrible maladie qui avait décimé ma famille. Que devais-je faire ? Devais-je sonner l’alarme et faire mettre ses voyageurs en quarantaine ? Je pris la décision de leur attribuer une petite maison vide en retrait de la ville ainsi s’ils déclaraient la maladie je le saurais presque immédiatement.

De retour chez moi, je m’empressai d’allumer un grand feu afin de faire chauffer une grande quantité d’eau et de jeter quelques branches de romarin séché, de changer de vêtements, les déposant au dehors en attendant de les faire bouillir, et de me laver vigoureusement au savon de Marseille dans un grand baquet d’eau chaude, dans lequel je mis à infuser des herbes désinfectantes comme le romarin, après quoi je me frictionnai avec une préparation qui me venait de mes parents qu’on appelait le vinaigre des 4 voleurs et qui avait fait ses preuves lors des grandes épidémies.
Lorsque je fus purifiée par l’eau, je m’en fus me recueillir dans la prière, invoquant «San Ro» le Saint des pesteux pour qu’il nous protège de ce fléau.
Il s’agissait sans doute de plus de peur que de mal mais la Peste éveillait toujours une profonde crainte en moi. 
La guerre est proche
31 Aoû 2008 
Un dernier recours…

Alors que la mobilisation avait été engagée et que beaucoup d’hommes et de femmes vaillants avaient rejoint les corps d’armes pour partir à la guerre, un derniers recours en pour-parlers se dévoilait, l’église se proposait à servir de médiateur pour régler le problème, faisant reculer par là même les armées poitevines pour les replacer sur le nœud qu’elles avaient conquis.

Est-ce là la preuve d’un sursaut de lucidité pour les armées poitevines ? Avaient-elles enfin pris conscience de la folie de leur acte en entrant dans une ville angevine ? Il fallait l’espérer.
Il fallait rester sur nos gardes malgré tout… car souvent folie va et vient au mépris des vies…

Les urnes
31 Aoû 2008 
Les urnes ont parlées...

Depuis le samedi 12 janvier 1456, les élections municipales étaient terminées et m'avaient propulsé à la Mairie de La Flêche.
J'allais enfin pouvoir être utile et travailler pour mon village.
Bien sur les temps troublés rendaient mon mandat des plus tumultueux, mais les difficultés n'étaient pas ce que je redoutais le plus. Plusieurs défis devraient être relevé à commencer par faire revenir de l'argent dans les caisses vides de la mairie, mais je savais pouvoir y faire face même si cela limitait beaucoup mes possibilités d'actions.
Notre marché était sain et largement alimenté, et si ce n’était cette guerre, nous pourrions faire commerce avec d’autres communes.

Les Ducales…

Comme une élection n’arrive jamais seule, les Ducales allaient avoir lieux prochainement.

J’avais tout de suite apprécié Dame Shallimar, la CAC du Duché, si bien que lorsqu’elle me demanda si je souhaitais venir sur sa liste, j’acceptai immédiatement, non pas par une ambition personnelle dévorante mais pour apporter mon soutien et mon aide si elle était demandée.

Des nouvelles du front...
31 Aoû 2008 
Des nouvelles du front…
Nos soldats étaient toujours aussi déterminés, ils tenaient bon et le moral était au plus haut. Tous les villages d’Anjou étaient mobilisés autour de nos soldats.
Mon village quand à lui était en passe de devenir le fournisseur des pains de des armées, à tel point que la farine vint à se raréfier et que je du demander à mon conseiller et représentant des meuniers de motiver les Meunières et Meuniers.


Un baptême en vue…

Je m’apprêtais à quitter l’église à la fin de la messe, quand il me sembla que le moment était venu de m’adresser à notre curé Bargin directement. Je souhaitais plus que tout que nous puissions être fiancés devant Dieu mais pour cela il nous fallait être baptisé.
Etait–ce la crainte de savoir l’homme que j’aimais en danger ?
Et s’il était blessé à la bataille ? Et s’il ne revenait pas ?
Je crois que je ne pourrais jamais le supporter tant j’étais liée à lui… Mais je devais rester forte pour nous deux. Il le fallait !
Oh bien sur, nous n’avions pas le coté démonstratif de ces couples expansifs qui se jetaient littéralement dans les bras l’un de l’autre. Bien sur, nous n’avions pas le langage débridé de bien d’autres couples. Mais l’amour qui nous unissait n’avait pas besoin d’être affiché aux yeux de tous. Il nous suffisait d’être ensemble pour être heureux.

Une victoire attendue...
31 Aoû 2008 
Une victoire attendue…

Alors que la guerre s’enlisait dans l’attente et les pourparlers, le 20 janvier au soir, dans le froid de l’hiver mais avec l’ardeur de la justice, nos armées avec nos hommes et femmes d’Anjou ont pris la route vers Montreuil Bellay, décidés d’en finir avec l’arrogance des poitevins. Au matin du 21 janvier, nos armées avaient repris possession de nos terres volées. Leur détermination était telle que l’ennemi a reculé à l’approche de nos troupes, sans chercher le combat.

Mon soulagement et ma joie était à son comble de savoir mon bien-aimé hors de danger. Il avait pu me faire parvenir une missive pour me rassurer, si belle que je l’ai toujours conservée sur moi.
Elle disait cela :

Ma chère Antinaelle,

J'ai reçu votre si belle missive juste avant de rejoindre le front, elle m'a apporté chance et courage pendant le combat.

Oui, vous devez le savoir les combats ont commencé, après une longue marche sous le clair de lune nos armées sont tombées sur les défenses poitevines et aussitôt le fracas des premiers combats résonna.

Mes camarades et moi-même avons engagé et gagné bravement un combat contre un groupe de gredins, je puis vous assurer que mon bâton et mon bouclier vous ont fait honneur!

Après de longues minutes, ou peut-être bien des heures de combat nous avons réussi à récupérer le nœud et je puis vous assurer que j'en suis bien content.

Cette nuit sera la plus longue et la plus difficile...
Ma très chère amie, je pense à vous et espère vous revoir rapidement, je me bats pour l'Anjou, pour vous et notre amour.

Nabowleon.


Une inquiétude demeurait toute fois.
Le Poitou n’avait eut aucune réaction. Etait-ce le silence avant la tempête ?
J’avais eu raison d’être inquiète puisque dès le lendemain les troupes du Poitou avaient tenté de reprendre le dessus sur nos armées.

L'angoisse de l'attente…

Chaque matin, depuis le début des combats, s’éveillait en moi la même angoisse.
Que s’était-il passé au cours de la nuit ? Mon bien-aimé était-il toujours de ce monde ? Etait-il blessé ou bien pire encore ?
Malgré cela je devais garder la tête froide et essayer d’être aussi utile à l’Anjou et à nos soldats depuis ma Mairie qu’au champs de bataille.

Je me plongeai dans la travail sans relâche, ne comptant pas ma peine, placardant des affiches partout dans le village, envoyant des pigeons qui à droite, qui à gauche. Demandant à chacun de faire un effort de guerre… 
Car c’était bien de guerre dont il s’agissait à présent.
 
Tenir vaille que vaille !
Tout le village de La Flèche se mobilisa en faveur de nos armées car dans nombre d’entre elles étaient composées des nôtres. Ces valeureux soldats, au loin, qui donnaient leur courage et leur sang  pour l’Anjou, étaient nos époux, nos fils, nos fiancés, nos frères, tous étaient nos amis.
 
Tous nos paysans et nos artisans se dévouèrent corps et âmes. Une rage les animait.
Nos boulangères se mirent aux fournils sans relâche et on voyait monter la fumée odorante des fours à pains dès les premières lueurs de l’aube. Les ailes entoilées des moulins tournaient jour et nuit.
Les charpentiers taillaient et rabotaient les planches à peine arriver, pressés de fournir seaux et couteaux aux forgerons restés au village et qui faisaient résonner leurs marteaux, frappant en rythme le fer encore chaud sur l’enclume. Les tisserands tannaient des peaux qu’il s’empressaient de tendre sur les boucliers.

La Flèche était une fourmilière géante où chacun, aussi petit et inexpérimenté qu’il fut, trouvait à se rendre utile.

Pressentiments...
31 Aoû 2008 
Les pressentiments…
Aux premières lueurs du jour du 23 janvier, je me levai avec la peur au ventre… Je le sentais, je le redoutais, quelque chose avait du arriver dans la nuit. J’avais été réveillée au milieu de la nuit par une vive douleur au fond de la poitrine, puis plus rien… un grand vide avait suivit, me laissant sans force au fond de mon lit.


Alors que la nuit tombait sur ce jour froid et sans vie, un pigeon arriva. Mes mains tremblaient alors que je dénouais le message accroché à sa patte. Je faillis lâcher la missive quand je reconnus le cachet.
Mes pires craintes se révélaient fondées. Mon bien-aimé était tombé cette nuit, comme il me l’annonçait 
: 


Ma douce amie,

Je m'empresse de vous écrire quelques lignes pour vous donner de mes nouvelles.
Je suis malheureusement tombé face aux poitevins en cette nuit froide…
Nous étions stationné en pleine campagne lorsque l'ennemi nous pris à la gorge, nos manœuvres furent vite mis en oeuvre pour résister au mieux, mais en vain...
Obéissant aux ordres, je rejoignis mon groupe pour retenir l'avancée poitevine à la lisière d'une forêt, où d’ailleurs nous fûmes rapidement débordés.
Prenant mon courage à deux mains j'usai de ma faible expérience pour résister à mes agresseurs, bouclier et bâton en main je me défendis comme je le pus, mais la douleur m'emporta...
Je suis à Saumur pour me rétablir, la ville a bien changé depuis mon dernier passage, elle dévoile toutes les atrocités de la guerre, les rues sont pleines d’hommes et de femmes agonisants, les pavés sont glissants et répugnants…
Dès que mon corps me le permettra je rejoindrai au plus vite une armée pour repartir défendre l’Anjou et ses valeurs !
L’envie de vous revoir pèse lourd dans mon cœur, j’espère revenir rapidement.

Je pense à vous chaque jour,
Votre dévoué, Nabowleon.

Mon cœur se déchira sous la douleur de savoir mon bien-aimé blessé et souffrant, sur une civière posée je ne savait où.
Dans quel lieu ? Dans quelle conditions ? Dans cette ville de Saumur que je ne connaissais pas et qu’il me décrivait comme baignée du sang des braves.

Courage et Honneur…

On était à 8 jours des élections et je n’avais toujours pas encore pris ma décision. Mon premier mandat s’était déroulé en pleine guerre et tout était plus compliqué. Beaucoup des braves paysans de notre village étaient partis rejoindre les rangs de l’armée et les productions étaient ralenties. Je devais chaque jour trouver de quoi éviter toutes pénuries. Le 3 février, après un temps de réflexion, une tristesse, une langueur, le poids de la solitude, je me présentai de nouveau à la place de Maire et je fus réélue au poste de Maire pour un second mandat.. 

 
Chasse à l'ennemi...
31 Aoû 2008 
[Récit Partagé]

Une traque avait été organisée dans les bois entourant l’Anjou, Antinaelle ne tenait plus en place et avait été la première à s’y rendre.
 

Antinaelle, calme et détendue, un sourire aux lèvres, chantonnait un cantique tout en faisant amoureusement reluire son épée.
Quand Chabinne annonça que la chasse était ouverte, elle se contenta d'opiner de la tête et lui adressa un sourire.
Elle était prête à rejoindre tous les volontaires pour que la traque commence.

La forêt était sombre et froide en cet hiver. Les troncs noirs et serrés avaient l'air menaçant.
Malgré la blancheur de la neige la lumière blancharde de la pleine lune ne paraissait pas y pénétrer.

Elle avait rempli sa besace de pain, de charcutailles et de fruits. Il faudrait sans doute tenir à l'affût pendant des jours.
Elle avait mis robe de laine épaisse, chausses de peaux retournées fourrées et longue et enveloppante pelisse de renard.
Le fourreau de l'épée pendait à son flanc.

La nuit tombée sur eux les recouvrit du froid givré. Qu'importe! L'excitation de la chasse suffirait bien à la réchauffer.

Antinaelle se dirigea vers la forêt et pénétra plus avant sans bruit.
Elle préférait garder son épée à la main car Dieu seul savait ce qu'il pourrait se cacher dans les profondeurs des bois.

Elle avança prudemment en suivant un fin cours d'eau en grande partie gelé. Tous ses sens aux aguets.

Un craquement de bois sec la fit se plaquer au tronc derrière elle. Le souffle suspendu ...
Une silhouette se dessina dans les voiles brumeux et humides de la forêt.
Antinaelle resserra sa cape autour d'elle pour se confondre avec les ombres fantomatiques de la nuit, et mieux observer la forme qui avançait en tâtonnant parmi les troncs moussus.
Elle attendit que la forme inconnue se soit suffisamment rapprochée avant de prendre une décision.
Alors qu'elle se préparait à l'attaque, elle entendit une voix venant sur sa gauche interpeller la silhouette:

- Ne craignez rien, c'est moi, Nayria...Nous sommes quelques volontaires à faire la chasse aux poitevins !

- Ah, Nayria, c'est toi, tu m'as fait une de ces peurs ! J'ai imaginé le pire ! Bon, je rentre à Angers déposer tout ce bardas et je reviens immédiatement vous donner un coup de main ! La chasse aux poitevins ! Pour rien au monde, je ne voudrais rater une telle expédition, préviens les autres, j'arrive ........ !!!!


Rassurée sur l'identité des deux femmes, Antinaelle n'y prêta plus attention et reprit son avancée à travers bois.


Le brouillard givré s'épaississait à mesure qu'elle pénétrait plus profondément sous les frondaisons enneigées.
Les cristaux de neiges étincelaient, tel des diamants de lune sous ses reflets froids, et craquaient sous ses pas. Le froid l'envahissait lentement, elle avisa une souche et se posa, puis elle sortit du jambon et un quignon de pain de sa besace qu'elle se mit à manger sans empressement et but une lampée de vin pour se réconforter dans cette nuit glacée. Cela lui rappela d'autres nuits et d'autres lieux où elle avait du se contenter de pain rassis et de fruits trouver au bord des chemins. 
 
Le hululement d'une chouette la sortit de ses songes, lui rappelant qu'elle aussi était à la chasse cette nuit...
Elle se remit en marche à pas silencieux, fouillant les fourrés alentours, lorsqu'un bruissement de feuilles lui parvint, proche et diffus.
Elle se jeta derrière un taillis, se dissimulant au regard, en alerte, à l'affût...

Un léger craquement de branche, dissimulée sous la neige, résonna dans l'ombre des arbres. Il ne pouvait plus y avoir de doute possible. Une créature  tentait tant bien que mal de se cacher dans la nuit de la forêt.

 

Antinaelle, parcourut d'un frisson, suspendit son souffle...
Sa lame quitta lentement et sans bruit le fourreau plaqué contre sa cuisse, sous sa cape. Elle maintint fermement son épée à deux mains.
Elle rabattit plus avant sur les yeux, le capuchon de sa cape afin de se fondre dans les ombres de la nuit. Sortant sans bruit de derrière le taillis, elle scruta les formes fantomatiques de la forêt.


C'est alors qu'elle distingua le flottement d'un pan de cape mal ajustée autour d'un corps.
La silhouette lui sembla frêle, presque fragile, Antinaelle eut un moment d'hésitation, ce pouvait-il que ces infâmes poitevins envoient des enfants? Elle eut un haut le cœur à cette pensée.. qu'elle réprima aussitôt.
Avançant pas à pas, se glissant le long des arbres, Antinaelle ne fut plus qu'à quelques pas de la forme. Elle la laissa s'approcher d'avantage, jusqu'à pouvoir presque la toucher.
Sortant d'un mouvement rapide de derrière l'arbre, Antinaelle se dressa devant l'encapuchonné, l'épée pointée sous le menton de l'individu.

Dans un chuchotement, elle lui fit lever la tête pour apercevoir ses traits...
- lève la tête lentement si tu ne veux pas la perdre.
Surprise de ce qu'elle découvrit, elle en fut amusée et c'est avec un léger sourire aux lèvres qu'elle repris…
- Tiens, tiens.. une femme.. voilà qui est amusant n'est-ce pas
La poitevine la fixa avec froideur, le menton relevé avec une pointe de défi dans l'attitude. Amusée par l'obstination que mettait la femme à ne pas s'avouer battue, elle lui retira l'épée, gardée au fourreau  toujours sous sa cape. Tranchant de son coutelas la ceinture qui la retenait à ses hanches, l'épée tomba lourdement dans la neige, 
sans bruit.

Voilà qui est bien mieux !

Jetant un regard distrait sur le fourreau enneigé elle ajouta..

Là où je t'emmène tu n'en aura plus besoin.

Sortant une corde de sa besace, Antinaelle entreprit de lui attacher les mains dans le dos. Elle la poussa en avant pour la faire  avancer, puis elle lui murmura calmement au creux de l'oreille.. 

- un seul mauvais geste et ce sera le dernier... c'est bien compris!

N'attendant pas de réponse, elle la poussa devant elle, à travers les arbres et le brouillard humide et glacé de l'hiver.

Le silence de la nuit ne tarda pas à les envelopper de nouveau. Seul le craquement de la neige gelée s'entendait sous leurs pas. Même les rapaces nocturnes s'étaient tus.

Après un long trajet dans les sentiers de la forêt, Antinaelle arriva à l'orée du bois. Apercevant Chabinne et les autres "chasseuses", elle les héla

- Chaby, que penses tu de ma prise? .. qui eut cru que j'aurai droit à une poitevine?

Sans attendre elle remis sa proie aux geôliers et alla rejoindre la Maire d'Angers pour partager un bon verre d'hypocras pour se réchauffer.

La nuit avait été longue et froide. 

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Les études s'annoncent difficiles...
01 Sep 2008 
Le Dimanche 2 mars, alors que je quittais notre église, je fis une détour par l'université.
M'approchant discrètement, je reconnu la voix de Dame Rosebudy, elle qui m'avait faite découvrir la diplomatie et avait été ma chambellan pendant si longtemps enseignait ce dimanche. Tendant l'oreille, j'entendis qu'elle parlait de la Peste. Frappée par son art d'en décrire les symptômes, je décidai de m'inscrire aussitôt à son cours.
Je rejoignis les bancs de l'amphithéâtre, buvant littéralement ses paroles et c'est ainsi que j'entrai pour la première fois à l'université.

Professeur : Rosebudy
Connaissance enseignée : Reconnaître la peste (SA)

Le cours devait être trop difficile car je ressortis de l'université sans avoir plus de connaissance qu'en y entrant. Hélas...Reconnaître la peste : 0 %
 Les élections de mars 1456 se profilaient de nouveau pour la place de bourgmestre, cette fois je ne me représenterais pas car j'avais d'autres projets.
Malgré la guerre qui n'en finissait pas, mon échoppe tournait à plein régime. De nouveaux vêtements venaient de faire leur apparition et je devais fournir des commandes qui arrivaient de partout, au point que même mes moutons ne suffisaient plus à me fournir en matières premières.

Il était temps que ma vie entame un nouveau tournant, que je change d'air.

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